Le film

Portrait de
six chasseurs
sachant
chasser

Synopsis

Montcerf, dernier village avant l’Abitibi. La forêt, la nuit, le silence… des branches craquent, de grosses bottes noires avancent avec précaution. Le chasseur cherche la bête. Avec tendresse et sensibilité, la documentariste André-Line Beauparlant plonge dans ce monde à part pour dresser le portrait de six chasseurs. Alternant entrevues et images de chasse, le film aborde avec sincérité et authenticité des sujets aussi profonds que l’amour, la mort ou la religion.

Note d’intention de la réalisatrice

J’ai eu l’idée de ce projet, il y a sept ans environ, à l’automne, quand il n’y a plus moyen d’aller se promener dans le bois car c’est le temps de la chasse et que c’est trop dangereux.

Ça fait douze ans que je fréquente cette région, La Haute-Gatineau. J’ai une cabane dans le bois, à Montcerf. Il y a donc environ sept ans, motivée davantage par la curiosité que par la bête elle-même et pour faire comme tout le monde au village, à Rome comme les Romains, j’ai commencé à chasser, disons à suivre les gars dans le bois. J’avais de la misère à comprendre cette fièvre, cette excitation qui naissait avec l’arrivée de l’automne. Et puis je trouvais la chasse très violente, inutile même, elle me semblait répondre simplement à un besoin immense, presque essentiel de tuer, de jouer à la guerre tout le temps. Mais au fil du temps, en apprenant aussi à connaître les chasseurs, j’ai découvert un univers beaucoup plus complexe, plus troublant que mes premières impressions. Il y a la bête, la nourriture, le trophée, la fuite, la peur, l’alcool qui s’entremêlent, qui se côtoient. À la chasse, les hommes ont du temps, ils vivent le moment présent, loin du quotidien et de tous les soucis, ils se concentrent sur la bête. Ils sont heureux les hommes pendant cette période de l’année, ils relaxent enfin. La chasse est aussi une tradition, personne ne se pose la question à savoir si c’est bien ou non, ça fait tout simplement partie de leur mode de vie. Moi non plus je ne sais pas si c’est bien ou non mais ça n’a pas tellement d’importance. La chasse nous confronte à la mort, celle de la bête, mais finalement celle aussi de l’homme, de celui qui se cache derrière la carabine.

La chasse me permet d’aborder des hommes, d’essayer de comprendre leur univers, d’observer des hommes presque tous illettrés mais combien savants sur la nature, le bois, les bêtes qui les entourent. Ils sont exceptionnels à leur façon. Ils m’intriguent, ils me font peur, ils me surprennent. Ils ont une violence, une quête, une passion qui m’échappe.

Je pense aussi que mon intérêt pour eux vient de Trois Princesses pour Roland. Quand j’ai finalement décidé au montage de ne pas inclure les hommes dans ce documentaire, je savais qu’il faudrait que je fasse un autre film avec seulement des hommes. Trois Princesses, pour moi, c’est un film sur la mère, sur la femme; Le Petit Jésus c’est sur la famille et Panache est un film sur le père, sur l’homme. Toujours le même milieu social, ouvrier, avec peu d’éducation, avec peu de mots, mais avec des histoires de vie complètement déboussolantes, touchantes mais aussi toutes croches. Les mêmes gens, mais cette fois-ci à la campagne, en région. Il y a quelque chose chez l’homme qui n’a pas beaucoup de mots qui me touche. Sa solitude, son silence, tout ce non-dit qu’il garde en lui me troublent, me chavirent. Il observe, il cherche la bête, il veut se surpasser, vaincre ses peurs, son isolement…, et c’est par la mesure du panache, par ce geste rituel, qu’il y arrive.

Générique

Scénario et réalisation: André-Line Beauparlant
Image: Robert Morin
Montage: Sophie Leblond
Montage sonore: Martin Allard
Production: Danielle Leblanc, Coop Vidéo de Montréal

Produit avec la participation financière de:
SODEC-Société de développement des entreprises culturelles — Québec, Québec - Crédit d’impôt cinéma et télévision — Gestion SODEC, Conseil des Arts du Canada, Conseil des arts et des lettres du Québec, Canada - Crédit d’impôt pour film ou vidéo canadien, ONF- programme d’aide au cinéma indépendant canadien

Et la collaboration de:
Télé-Québec

Canada, 2006, documentaire, 90 min, bétacam numérique et 35mm, couleur, v.o.f.

Page doc@film générée par litk 0.501 le mardi 11 septembre 2007. Conception et mise à jour: DIM.